S'il vous plait...

Aidez moi !

Bonjour ou peut-être bonsoir, franchement je ne sais pas. Ça fait bien longtemps que je n’ai pas vu la lumière du jour. Je suis enfermée depuis un long moment déjà dans une pièce sans fenêtre. Ma prison est une chambre d’environ 12 m² avec un lit, un bureau, une chaise, une armoire et un ordinateur, sans possibilité de voir l’extérieure. Le strict minimum. De toute façon, je n’ai pas besoin de plus pour œuvrer. 

Ma seule lumière est artificielle, j’en ai assez pour y voir clair. Mon unique excentricité est une petite loupiote en LED qui change de couleur en fonction de mes envies. D’ailleurs, j’ai dû la réclamer cette lumière ! Heureusement, que je mène bien mon ouvrage, voilà ce qui m’a permis ce petit caprice.

Pourtant, je ne peux pas me plaindre, tout ce qui m’arrive est strictement de ma faute. Comment, me demanderez-vous ? Simplement, parce que c’est moi qui ai laissé ces être éthérés s’introduire dans ma vie. J’ai invité mes propres monstres à pénétrer mon intimité. Je ne suis pas naïve vous savez. Je me doutais bien de ce que je risquais, mais je ne pouvais pas renoncer.

Ces femmes ont rongé mon existence. Elles sont venues dans mon monde par le biais de personnages récurrents que je créais de-ci de-là dans mes histoires. Au début, tout ceci était innocent. Puis petit à petit, j’ai poussé le vice en ayant des conversations avec elles, en les laissant prendre de plus en plus de place. Je leur ai donné de la substance. Alors forcément, quand elles sont devenues plus fortes que moi, (parce que je peux vous garantir : c’est le cas !) elles m’ont enfermée dans mon propre esprit. Je sais, je sais ! Tout cela vous parait étrange, mais laissez-moi vous expliquer. Quand on croit très fort en quelque chose, elle prend vie. Ce genre de créatures se nourrit essentiellement d’émotions. Plus vous avez peur, plus vous aimez, plus vous avez la rage et plus ces choses grandissent en vous. Puis un jour, vous les avez tellement alimentées qu’elles n’ont plus besoin de vous. Elles deviennent totalement autonomes.

Dès lors, elles ont pris ma place, l’une après l’autre. La seule chose qui me maintient en vie (enfin si on peut appeler cela une vie) ce sont mes mots. La preuve étant que je les ai créées. J’écris leurs histoires, leurs personnalité, leur âmes. Chacune sa réalité et chacune son caractère. Moi, je ne suis que l’hôte sans texture, ni saveur. Je leur donne de la force avec mes textes. Je me meurs pour les laisser vivre.


S’il vous plait, aidez-moi... 

My.

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