Ambivalence de l'amour

Le choix

Ce jour-là, il faisait nuit. La lune dardait sur le paysage chaotique ses doux rayons argentés. J’étais au bord du précipice de l’indécision, perdue. Mes ailes autrefois immaculées s’étaient colorées d’ébène. Je me recroquevillai sur l'herbe humide afin de me souvenir de celle que j'incarnais par le passé.

Je levai les yeux vers le ciel et interpella l’astre d’argent :

« Que dois-je faire ? »

Je continuais à l'implorer, à lui demander conseil, mais aucune réponse ne me parvint de sa part. Elle m’avait abandonnée à son tour.
J’entendis un son, je me redressai apeurée. Une panthère noire s'approchait à pas feutré. Son regard vert me jaugeait avec pitié.

« Qui es-tu ? Que veux-tu ? »

Elle me répondit d'une voix douce, pleine de sagesse :

« Suis ton cœur ! Suis celle que tu veux devenir. La réponse sera au bout du tunnel.
— Je ne sais plus… »

Le félin se retourna et s'éloigna. Je l'appelais.

« Non, ne pars pas ! Ne me laisse pas seule ! »

J’entendis le vent souffler :

« Suis ton cœur et tu sauras !
— Je saurais quoi ? Comment choisir entre le jour et la nuit ? »

Je me levai pour courir et ainsi m’éloigner de cette incertitude, ce lieu si froid et si terrifiant. J'étais une amoureuse maudite. Je n’arrivais pas à me décider.

J’étais prisonnière de mon ambivalence. Je souhaitais plus que tout vivre ces amours sans abandonner mon âme, ni blesser ceux que j'affectionnais. Pourtant, ils me demandaient de choisir.

« Je dois suivre mon cœur ! ironisais-je. Cet organe qui ne m'a apporté qu’indécision et douleur ! »

J'entendis des battements d'ailes. Les voilà, ils m’avaient retrouvée. Ils allaient vouloir une réponse que je ne pourrais leur donner. Choisir, serait les trahir.

L’ange m'attrapa avec douceur et m'embrassa langoureusement, son amour était pur et cristallin. Le démon apparut à son tour. Il m’attira à lui avec la force de la passion. Son baiser enflammé était emplit de désir. Son amour était possessif et brûlant. Leurs regards reflétaient la confusion, la souffrance et l’anxiété. Ils étaient deux miroirs de glace me renvoyant mon propre reflet.

Je les observais à mon tour, les larmes coulèrent, mais se tarirent bien vite devant tant de dureté. J’agrippais mon pendentif en suppliant les maîtres de la connaissance de m'ouvrir la voie. Mon cœur restait muet et gardait ses secrets dans les profondeurs de son antre. Ils s'impatientaient. Ils voulaient savoir. Ils hurlaient à l'intérieur d'eux-mêmes. J’étais incapable de prendre une décision.

Puis d’un coup, je me sentis mal, ma tête tournait, mon corps chauffait et mes membres tremblaient. Je tombai à genoux, tous deux eurent un mouvement de panique en me voyant fléchir ainsi. J'avais si mal, je perdis le contrôle de mes émotions et devins un instant une hystérique.

« Je ne sais pas ! hurlais-je à la face du monde. Je ne sais pas ! »

Je me calmai doucement. Je sentis mon esprit s’extraire de mon corps, je m'éloignais de la douleur, d’eux. J'entendis mes amants m'appeler, crier mon nom, hurler de douleur. Je voudrais tant revenir pour leur dire ! Mais leur dire quoi? Je ne savais lequel aimer. L'amour m'avait tuée, il m’avait emportée dans les profondeurs abyssales de Thanatos.

J'entendis au loin.
« Cherche encore ! Quand tu sauras, tu vivras. »

Maintenant, j’erre seule, dans une prison de cristal où je suis l’otage de ma propre incertitude et de ma propre culpabilité.


Mais, après tout, j'ai l'éternité devant moi. Moi, qui suis immortelle !



My.

2 commentaires:

thierry N a dit…

L'amour saura trouvé son chemin ... Il faut laisser la vie faire son oeuvre ....

thierry N a dit…

L'amour saura trouvé son chemin ... Il faut laisser la vie faire son oeuvre ....